FOCUS GOETHE

Julian Radlmaier

VENDREDI9 OCTOBRE

MASTERCLASS

13h00 14h30

ENTRÉE GRATUITE

Salle 3 – Cinema L’Arlequin
76 Rue de Rennes, 75006 Paris

réserver ici

Cette Masterclass est organisée par le Goethe-Institut de Paris en partenariat avec German Films et avec l’aimable soutien de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ) dans le cadre du Focus Goethe.

Scénariste, réalisateur, monteur et acteur, Julian Radlmaier est né le 18 décembre 1984 à Nuremberg, au sein d’une famille franco-germano-suisse. Il vit et travaille à Berlin. Il a étudié la réalisation à la dffb (Deutsche Film- und Fernsehakademie Berlin) ainsi que la théorie du cinéma et l’histoire de l’art à la Freie Universität Berlin et à la Sorbonne Nouvelle Paris.

Ses films ont été salués par la critique dans des festivals tels que la Berlinale, le Festival international du film de Rotterdam, la Viennale, le Festival international du film de Busan, le Festival international du film de São Paulo, l’AFI Fest, le FICUNAM, le BAFICI ou encore le Festival international du film de Melbourne. Son dernier long métrage, Sehnsucht in Sangerhausen (Phantoms of July), a été présenté en première mondiale dans la Compétition internationale du Festival de Locarno.

Suivie par la projection du film Bloodsuckers (2021) à 15h.

Pour les étudiant·es participant à la masterclass, l’entrée à la projection de Bloodsuckers est incluse sur présentation d’un justificatif de statut étudiant.

Jeudi 8 OCTOBRE

20H30

Phantoms of July

Sehnsucht in Sangerhausen

de Julian Radlmaier

Ursula et Neda, une serveuse est-allemande au cœur brisé et une YouTubeuse iranienne au bras cassé, se sentent toutes deux piégées et seules dans leurs vies précaires. Un soir d’été, Ursula tombe amoureuse d’un mystérieux musicien, tandis que Neda est convaincue d’avoir reconnu un vieil ami de Téhéran en la personne d’un balayeur de rue tout aussi énigmatique. Les méandres du hasard rapprochent les deux femmes lors d’une chasse aux fantômes inattendue dans les montagnes… Un film d’aventure romantique sur une amitié improbable et le désir d’une autre vie.

suivi d’une rencontre avec
le réalisateur Julian Radlmaier
en attente de billetterie

Vendredi 9 OCTOBRE

15H00

BLOODSUCKERS

Blutsauger

de Julian Radlmaier

Août 1928 : Ljovouchka, un ouvrier soviétique, est choisi pour incarner Trotski dans un film d’Eisenstein. Mais ses rêves d’une vie d’artiste s’envolent lorsque le véritable Trotski tombe en disgrâce auprès de Staline et qu’il est coupé au montage. Il décide alors de tenter sa chance à Hollywood mais reste finalement coincé dans une station balnéaire allemande huppée. Lors d’une promenade sur la plage, il fait la connaissance d’Octavia Flambow-Jansen, une propriétaire d’usine excentrique, et de son serviteur maladroit, Jakob. Une romance estivale s’annonce – dommage que des vampires sévissent dans les environs…

suivi d’une rencontre avec
le réalisateur Julian Radlmaier
en attente de billetterie

Samedi 10 OCTOBRE

11H00

Self-criticism of a bourgeois dog

Selbstkritik eines bürgerlichen hundes

de Julian Radlmaier

Un chien bourgeois raconte comment il est passé du statut de cinéaste à celui d’animal à quatre pattes : incapable de trouver des financements pour son film, JULIAN est contraint d’accepter un emploi d’ouvrier agricole saisonnier. Lors d’une fête, il fait toutefois croire à CAMILLE, une jeune expatriée canadienne, qu’il va mener des recherches pour un film de contes de fées communistes et lui propose le rôle principal. À sa grande surprise, elle décide de l’accompagner, ce qui ravive les fantasmes romantiques qui sommeillaient en Julian…

suivi d’une rencontre avec
le réalisateur Julian Radlmaier
en attente de billetterie

Entre Marx et conte de fées : portrait du réalisateur Julian Radlmaier

Le dernier film de Julian Radlmaier, Sehnsucht in Sangerhausen (Phantoms of July), met en scène des domestiques et des employé·e·s du secteur des services des XVIIIe et XXIe siècles, confronté·e·s, chacun·e à sa manière, aux structures de pouvoir qui régissent leur époque.

Pourtant, Radlmaier ne se revendique pas d’un cinéma de lutte des classes militant. Son travail cherche plutôt à saisir des « moments utopiques où les lois de la société sont momentanément suspendues ». Sehnsucht in Sangerhausen se distingue nettement de ses œuvres précédentes, notamment Selbstkritik eines bürgerlichen Hundes, récompensée à la Berlinale 2017 par l’Association des critiques de cinéma allemands (VDFK) comme meilleur premier long métrage, ainsi que de la comédie vampirique Blutsauger – Eine marxistische Vampirkomödie, présentée à la Berlinale en 2021 et distinguée, entre autres, par le Prix allemand du scénario.

Selon Radlmaier, ses premiers films étaient davantage marqués par la satire politique, tandis que Sehnsucht in Sangerhausen adopte une tonalité plus féerique et poétique. Alors que Blutsauger puisait notamment son inspiration chez Sergueï Eisenstein, le nouveau film trouve sa principale référence dans l’univers du poète romantique Novalis.

Cette évolution fait écho aux cinéastes qui ont nourri l’imaginaire du jeune Radlmaier, au premier rang desquels Federico Fellini et Luis Buñuel. de l’Est.

Mais son parcours a également été façonné par des expériences personnelles qui se révéleront déterminantes par la suite. Son père travaillait comme journaliste et, dans le cadre d’un programme d’échange, un confrère originaire de Kharkiv, en Ukraine, a vécu quelque temps au sein de la famille. C’est ainsi qu’est né son intérêt pour l’Europe.

Au cours de ses études à la Deutsche Film- und Fernsehakademie Berlin (DFFB), Radlmaier rencontre de nombreux étudiant·e·s venu·e·s du monde entier.

Ces échanges nourriront par la suite l’univers cosmopolite de ses films. Son réseau professionnel reste aujourd’hui largement international : « Je ne me sens pas particulièrement lié à la scène cinématographique allemande au sens traditionnel du terme », confie-t-il.
Il entretient néanmoins un lien privilégié avec l’une des figures majeures du Nouveau Cinéma allemand. Durant ses études, il travaille comme assistant personnel de Werner Schroeter, dont l’esthétique et la méthode de travail laisseront une empreinte durable sur son œuvre : « Il mêlait les genres et les registres, réalisait aussi bien des films expérimentaux que narratifs et associait humour absurde et critique sociale.

De plus, il tournait dans des contextes culturels très divers et jouait avec une multitude d’influences. »

Le philosophe français Jacques Rancière constitue également une référence intellectuelle majeure pour le cinéaste. Dès ses années d’études, Radlmaier traduit et publie plusieurs textes de Rancière consacrés à la théorie du cinéma. Les réflexions du philosophe irriguent également son propre travail : « Ce qui l’intéresse, c’est ce dont la fiction est capable en tant que machine à fabuler. Il existe des moments où les conditions de vie figées sont suspendues. Au centre ne se trouvent alors pas les héros de la classe ouvrière, mais les flâneurs, les oisifs et les rêveurs. »

German Films Quarterly 3/25
Auteur : Rüdiger Sturm
Source : German Films Service & Marketing GmbH